Les "NEWS" du SNETAA TOULOUSE

BILLET D'HUMEUR DU SNETAA-FO : MAI 2020

Billet d’humeur du SNETAA Toulouse





« Un problème sans solution est un problème mal posé. »
Albert Einstein











Depuis l’annonce du « déconfinement » chaque jour apporte ses nouvelles contradictoires. On ouvre, on n’ouvre pas ; avec masque, sans masque ; dans une semaine, dans 3 semaines….
Pour « simplifier » les choses un protocole sanitaire a été mis en place ; et quel protocole ! 52 pages de recommandations. Les collectivités territoriales, les chefs d’établissement constatent que ce protocole est inapplicable. Ils découvrent que les établissements scolaires sont dans un état tel qu'il est impossible de mettre en place des consignes sanitaires simples. Les toilettes sont délabrées. Les salles de classes dans lesquelles on entasse les élèves (dans des groupes de plus en plus nombreux) et les enseignants sont trop petites. Les sas d’entrée sont de véritables goulets d'étranglement entraînant des embouteillages à l’entrée des lycées. Les selfs dans lesquels il faut manger en 15 minutes chrono ne permettent pas de prendre un repas dans des conditions décentes. Les chambres des internats sont trop petites…. On a bien mis un peu de peinture par ci par là, de beaux panneaux. De l’extérieur ils sont beaux nos établissements mais à l’intérieur c’est autre chose.
Où étaient-ils tous ceux qui découvrent cette réalité que les enseignants dénoncent depuis des années ? On a laissé (ils ont laissé) les bâtiments se détériorer, les conditions de travail se dégrader. On ne peut maintenant que constater que nous ne serons pas en mesure d’accueillir tous les jeunes en âge d’être scolarisés en juin pas plus qu’en septembre.
Dans ce chaos, certains croient qu’une reprise en juin sera possible. Mais où ? Pour qui ? Par qui ?
Des chefs d’établissement zélés fixent les règles du jeu. Tout le monde doit rentrer dans le rang. Ils exercent une pression sur les enseignants alors que nous sommes tous éprouvés par le confinement et épuisés par la continuité pédagogique. Beaucoup ont l’impression que pendant ces deux mois nous nous sommes reposés, nous avons pu nous consacrer à nos loisirs…. À partir de juin on applique les emplois du temps tels qu’ils étaient avant le confinement. Avec des élèves ou pas, peu importe, les professeurs doivent être là ! Réunion de prérentrée, bilan de continuité pédagogique, conseils de classe, conseil d’enseignement…. Tout est programmé. Il risque d’y avoir plus de professeurs que d’élèves dans les établissements.
On entend « droit de retrait », « préavis de grève » … Ce n’est pas de cela que nous avons besoin. On ne peut pas laisser la reprise (ou la non reprise) à l’appréciation d’un chef d’établissement, d’un DASEN, d’un Recteur, d’un élu local, et laisser les enseignants seuls devant un choix qu’ils ne souhaitent pas faire. S’ils sont dans un établissement où la reprise est imposée à tous, il ne leur restera qu’un droit de retrait qui peut être contesté ou une grève d’un mois (à cause de l’arrêt Omont) avec perte de salaire. Il faut que comme pour les élèves le Ministre annonce que cette reprise (si reprise il y a) doit se faire pour les professeurs et les personnels de l'éducation sous la forme du volontariat.
LeBO du 7 mai 2020 fixe le cadre d’accueil des élèves lors de la réouverture des établissements scolaires. Il ne faut pas hésiter à l’utiliser pour montrer aux chefs d’établissement l’absurdité d’exiger la présence de tous les enseignants dans les établissements : « La lutte contre les inégalités, (…), commande de poursuivre et de renforcer la continuité pédagogique pour tous les élèves. (…) : à la maison avec la poursuite de l'enseignement à distance » (…) « L'enseignement à distance pour les élèves restés chez eux est assuré par les professeurs qui sont aussi à domicile ».
Nous saurons seulement pendant la semaine du 25 mai si la reprise aura lieu le 2 juin. Est-il nécessaire de prévoir tout ce que l’on pourra faire « si » ?
Nous espérons tous sortir du confinement. Nous voulons retrouver une vie sociale et nous avons besoin d’un avenir qui nous fait rêver. Celui qui se profile ne nous enchante pas. Le déconfinement nous effraie : rien ne sera comme avant le 16 mars. La priorité est toujours et encore à la santé. Il faut construire une nouvelle façon de vivre pour une période dont on ne connaît pas la durée. Nous avons à nous habituer à cette idée de « liberté conditionnelle » avant de penser à l’organisation de notre travail.
Si vous rencontrez des problèmes lors de la mise en place de la reprise des cours dans votre établissement (problèmes avec votre hiérarchie, problèmes sanitaires, problèmes d’organisation…) contactez sans hésitation le SNETAA FO. La sécurité sanitaire est toujours la priorité absolue.
« Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens savent beaucoup parlent peu. »
Jean-Jacques Rousseau
L’équipe du SNETAA FO de l’Académie de Toulouse.
Pour information :Décret n° 2020-521 du 5 mai 2020 définissant les critères permettant d'identifier les salariés vulnérables.

 Nous assurons une permanence durant la crise sanitaire et n’hésitez pas à nous envoyer un mail à contact@snetaatoulouse.fr en laissant vos coordonnées téléphoniques. Nous vous répondrons ou nous vous rappellerons très rapidement.  
 


 CRISE SANITAIRE eNQUETE DU SNETAA-FO 

aP N° 582 : DIPLÔMES PRO : DEFENDONS LES!!!...

 PUBLICATIONS rECENTES !


AP  N° 579 : MUTATIONS 2020
AP  N° 574 : APPRENTISSAGE : ATTENTION DANGER !